Si leurs parents ont fait mai 68 et l’union libre, les enfants d’aujourd’hui ne se soucient guère de transgresser les règles. L’union libre, ils la vivent sans souci et en couronnent la réussite quand bon leur semble par un engagement officiel, joyeux et festif : le mariage.
Si les mariages en France n’avaient cessé de diminuer depuis les années 1970 (416 000 mariages en 1972, 255 000 en 1995), la tendance semble depuis, sinon s’inverser, du moins se stabiliser à la hausse. L’an 2000 avait vu de nombreuses officialisations puisque 305 385 mariages (chiffres Insee) avaient alors été célébrés. Depuis, le chiffre oscille aux alentours de 270 000 (266 300 en 2004). Un chiffre plutôt optimiste dû aux remariages de personnes veuves ou divorcées, remariages en nette augmentation, alors que les premiers mariages diminuent, tout en restant largement majoritaires (8 mariages sur 10).
Mariage plus vieux, mariage heureux !
Le mariage au fil des siècles fut tour à tour un moyen pour les familles de conclure des alliances ou, pour les jeunes gens, d’échapper à la pression familiale et d’avoir une vie sexuelle, ou encore une union obligatoire pour assumer une grossesse pas vraiment désirée... Aujourd’hui, la société a changé. On fait de longues études et on ne trouve pas forcément du travail, la sexualité est empreinte de liberté et contrôlée, on a des exigences affectives et intellectuelles... Tout est à la fois plus simple et plus compliqué. Si bien que l’âge moyen au premier mariage s’est élevé de près de 10 ans en un demi-siècle, passant de 22 ans pour les filles et 25 ans pour les garçons dans les années 45, à 29 et 31 ans.
Mariage pluriel, amour unique
Il y a belle lurette qu’il n’est plus besoin de se marier pour mener une vie de couple et avoir des enfants. Ce que célèbre le mariage désormais, c’est la réussite de l’union et sa reconnaissance publique, après quelque temps sinon quelques années de vie commune. Une fois sur dix, le mariage est l’officialisation d’un couple vivant déjà ensemble. Trois fois sur dix, il intervient après la naissance des enfants. Dans un cas sur trois, il s’agit d’un remariage, phénomène en progression dû à l’allongement de la durée de vie et à l’augmentation des divorces. Dans un cas sur dix, il s’agit d’un mariage mixte, union de deux ethnies ou de deux nationalités différentes. Mais quoi qu’il en soit, l’amour est là ! Raison numéro 1 de se marier, bien avant le désir de fonder une famille (28 % des cas) et devant la conviction religieuse (9% ).
Fête d’un jour, fête toujours
Exit le mariage administratif vite administré ! Foin du mariage discret, dans l’intimité ! L’événement est d’importance, réunissant la famille et surtout les amis. Ce ne sont plus les parents qui organisent, mais les futurs mariés et la fête est l’élément essentiel du mariage. C’en est aussi le plus gros budget. Le budget moyen d’un mariage a ainsi augmenté d’environ 11,4 % en 2005 par rapport à 2003. Les futurs mariés sont nettement plus enclins à dépenser qu’auparavant et souhaitent recevoir de plus en plus de monde à leur réception. Une réception qui se déroule huit fois sur dix un samedi entre mai et septembre et réunit en moyenne 80 invités pour un budget de 10 000 €.
Ils seront les plus beaux...

La robe de mariée est un vrai investissement, et elle reste de mise pour ce jour d’exception. La robe longue, blanche ou ivoire est de rigueur. Près de 70 % des mariées la plébiscitent. La couleur fait une apparition encore timide depuis quelques années. Elle souligne joliment un bustier, une jupe, mais a du mal à s’afficher en total look ! Quant aux mariés, ils n’hésitent pas à flamber dans un costume spécifique pour ce grand jour (près de 70 %) et optent de moins en moins pour un simple costume de ville (17 % contre 27 % en 2000).
Et la traditionnelle liste de mariage ? Elle n’est plus ce qu’elle était ! Aux oubliettes, la ménagère et l’équipement du ménage ! Le voyage de noces s’inscrit en première ligne pour 84 % des mariés de l’an 2006 dont la plupart aspirent à une lune de miel plage-cocotier en amoureux (62 %).