Dans les Eglises orthodoxes d'Orient, la première communion est donnée à la naissance de l'enfant lors du baptême. Les trois sacrements de l'initiation chrétienne sont ainsi donnés le même jour.
A LA NAISSANCE
Dans les Églises orthodoxes, la première communion se fait au moment de la naissance. L'enfant reçoit ainsi le même jour et tour à tour le baptême puis la chrismation (confirmation) et enfin l'eucharistie.
Cette pratique commune aux chrétiens antiques vise à grouper en une seule célébration les trois sacrements de l'initiation chrétienne.
Si dans l'église catholique au fur et à mesure de l'histoire les sacrements se sont espacés dans le temps pour marquer ainsi une démarche d'initiation liée à l'apprentissage du catéchisme, au sein de l'Eglise d'Orient, le rite antique a été conservé.
LE SACREMENT DE LA COMMUNION
Le sacrement de la communion orthodoxe est donné au cours de la liturgie eucharistique qui suit le baptême.
L'enfant reçoit l'eucharistie le jour de son baptême sous la forme du vin dont on humecte ses lèvres.
Ensuite le petit enfant orthodoxe est invité à participer à la Liturgie sans communier. Il en résulte que c'est le prêtre, et non l'évêque qui donne habituellement le baptême, la confirmation et la communion.
USAGES ET PRATIQUES
Cette différence d'usage et de pratiques a longtemps fait l'objet d'une querelle entre les catholiques et les orthodoxes.
Ainsi, les Eglises catholiques établies dans les limites historiques du Siège d’Antioche se sont engagées à ce que les écoles et institutions catholiques n’admettent pas les élèves orthodoxes à la première communion. Deux raisons majeures sont évoquées pour cela : la première communion est une forme de communion sacramentelle non encore admise par les deux Eglises.
L'eucharistie est en effet la perfection de la communion. De plus, la première communion chez les orthodoxes se fait avec le baptême et le saint chrême. Cette divergence des points de vue a poussé plusieurs Pères du "Synode pour le Liban" a demander le retour des Eglises catholiques à ce patrimoine oriental commun.
Devant la fin de non recevoir des catholiques, les Pères Patriarches ont tranché : la première communion ne devra pas être faite dans les écoles comme c'était devenue la règle mais dans la paroisse.
LE JEÛNE
A la suite du sacrement de la communion, l’enfant orthodoxe reste invité à participer au sacrifice divin d’une manière complète. Pour les orthodoxes, il est nécessaire d'être membre de l'Église orthodoxe pour pouvoir y communier.
La pratique de l'Église orthodoxe aujourd'hui prévoit un jeûne depuis minuit pour la communion matinale en souvenir du jeûne de 40 jours du Christ avant la Cène. A chaque office, pendant que le clergé communie, les fidèles chantent le chant de communion. Le prêtre donne ensuite aux fidèles la communion au corps et au sang du Christ en déposant la communion (pain trempé dans le vin) dans leur bouche avec une cuillère.
Se présenter devant la Sainte table implique que le fidèle est pénétré de sa propre indignité et, en même temps, armé d'une confiance totale en la miséricorde divine. Seul, celui qui s'est réconcilié avec son frère, au moins dans son coeur, peut communier. L'Eucharistie est le sacrement de l'union, de l'amour et de la réconciliation.